
Les critiques de la Seconde Tache
Monday, 15. December 2008
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Le Crime parfait de Sherlock Holmes
Horace Brendon
e/dite 2004
218p
18€
Considéré par certains holmésiens comme le plus mauvais pastiche de tous les temps, le "Plan 9 from outer space" des pastiches, ce bouquin avait, en toute logique, éveillé ma curosité.
N'ayant plus rien à me mettre sous la dent creuse, j'ai donc lu la chose en question.
Bon, disons le d'entrée de jeu, c'est un drôle de truc. Je ne pense pas, comme cela a été dit, que ce livre soit mal écrit...par contre, il est traduit avec les pieds par Ronald Nossintchouk qui fait dans le littéral et n'évite aucun piège ! Les faux amis, les expressions typiques qui ne veulent rien dire en français, les constructions de phrases dont l'ordre aurait dû être un peu bousculé pour demeurer agréable au yeux du lecteur francophone...bref, si "Le crime parfait de Sherlock Holmes" est (pesque) illisible, Ronald Nossintchouk, à mon numble havis, porte la plus grande part de responsabilité. Le correcteur vient ensuite (s'il y a eu un correcteur !) qui laisse passer des coquilles et des fautes d'orthographe en pagaille et plus ou moins à chaque page.
Et l'histoire ? Ben...elle est pas terrible non plus. En gros, Sherlock Holmes commet un crime parfait par amour pour une de ses clientes qui, en réalité (je vous nique le suspense mais c'est pas grave: y'en a pas !) le roule dans la farine. Déjà, c'est pas trop crédible mais, en plus, c'est pas passionnant (non, je ne bégaie pas papa !).
Pourquoi je l'ai lu jusqu'au bout ? Ben...comme je l'ai écrit plus haut, j'avais rien d'autre à me mettre sous la dent, et puis, le début ne m'a pas semblé si catastrophique que ça (à part la traduction de Nossintchouk): Il m'a même semblé, pendant un moment, que le portrait psychologique de Holmes et Watson était intéréssant, que l'approche des personnages était beaucoup plus subtile que dans d'autres pastiches plus cotés. Brendon casse même les reins à quelques clichés qui perdurent contre varech et marées. J'en arrivais même à souhaiter une nouvelle traduction, digne de ce nom, apte à donner une seconde chance à la prose de Brendon sur le marché francophone.
Hélas, tout cela se barre en couille au fil des pages et part dans le portnawak: Holmes est présenté comme un amant fougueux (Mycroft aussi, au passage !), les considérations psychologiques deviennent répétitives, les scènes se suivent et se ressemblent (en gros, Holmes et Watson n'arrêtent pas de discuter à propos de tout et n'importe quoi, en buvant de la pintade et en mangeant du bon vin) , l'histoire principale rame sur un lac de choucroute, les personnages deviennent surchargés (et Holmes aime les papillons - tiens, c'était pas Stapleton ?- ,et Holmes fait du yoga, et Holmes fait de la gymnastique suédoise, et Holmes s'achète une nouvelle garde-robe parce-qu'au fond il est coquet comme un coquelet)...on finit, à force de détails, par le trouver bien flou, ce Holmes-là ! Qui veut trop prouver n'amasse pas mousse, mister Bender.
Bref, j'ai cru au début que j'allais pouvoir jouer les don Quichotte et réhabiliter un livre dont la mauvaise réputation reposait essentiellement sur sa traduction mais je l'ai eu dans l'oreille large et profond ! Le bouquin est réellement mal fichu !
Un truc positif pour finir ? Euuuuuuh... l'illustration de couverture par Nicollet, comme d'hab, est plutôt chouette. Grâce à elle, le bouquin ne fera pas trop mal dans votre bibliothèque.
JC Mornard
